Vitailles 3 décembre 1945

Cher ami

C’est très courtement que je t’écris. Le temps me manque, les idées aussi. Hier soir j’ai mis le courrier à jour, la semaine dernière étant surchargée de travail. Je crois que la semaine qui vient sera de même. Demain on va tuer les canards gras, mercredi le cochon chez papa à Lauzun

Heureusement que Lily et Loulou sont venus il y a huit jours car hier j’aurais été bien incapable de monter à Castillonnès. Je souffre de rhumatismes dans toute la jambe gauche. Déjà la vieillesse, place aux jeunes. Je n’ai pas du tout envie de danser. Heureusement que je ne suis pas sac à cordes comme toi, autrement je serai bien punie de ne pas pouvoir pirouetter

J’espère que Lily et Loulou ont passé de bonnes journées à Sainte Livrade. Hier soir ici il pleuvait. Aujourd’hui un soleil superbe. Si le temps continue on pourra mettre des vaches dehors tout cet hiver. Dimanche prochain, ouverture d’une mission qui va durer jusqu’à Noël. Nous sommes des privilégiés n’est-ce pas ? Je te quitte pour aujourd’hui.

Reçois cher camarade mon affectueux souvenir

Yvette Fontanille

Excuse la vilaine écriture, je n’ai pas le temps de faire mieux