Le Pin, 25 décembre 1945

Chère amie

Je viens en l’honneur de ton dix-neuvième anniversaire t’offrir tous mes vœux pour cette vingtième année, qui dans ses douze doigts fermés, dissimule si bien le voile de ton destin.

Que seront mes souhaits ? Je te souhaiterai d’abord une bonne santé, car il est évident que la santé influence toujours nos actions; dans un corps sain, combien sera plus facile la tâche. Mais plus que les questions matérielles, je viens t’apporter mes vœux de fécond apostolat, je connais tes merveilleuses actions spirituelles, car tu sais si bien user de cette magnifique arme du chrétien qu’est la prière.

Oh! chère camarade jaciste, que de ce Noël qui a vu venir à lui quelques enfants prodigues, jaillisse encore la flamme de ces élites que nous aurons su enseigner. Et maintenant je te formule les vœux que j’apporterai à tous ces camarades qui comme moi d’ailleurs pourront savourer le charme de leurs vingt ans.

Vingt ans ! Bel âge ont écrit nos poètes, bon temps redisent nos aïeux, vibrante fleur épanouie de notre jeunesse qui bientôt fanée dans la fuite éperdue des saisons devrait garder son charme et sa splendeur.

Je te souhaite donc : de pouvoir goûter son parfum, que Dieu te dévoile la destinée et s’Il te désigne la vocation du mariage, de pouvoir découvrir ce compagnon qui dans un complet amour saura s’offrir tout entier.

Bon anniversaire, en témoignage d’amitié je t’offre un modeste cadeau, j’aurais préféré t’offrir autre chose, mais je n’ai pu trouver. Le roman est tout de même très intéressant. Je termine.

Reçois mon affectueux souvenir.

Union de prières toujours

Ch Pontreau