Vitailles, 3 septembre 1946
Enfin on commence à rentrer dans l’ordre normal, ces derniers jours ont été passablement agités, la fête de Saint Macaire n’a pas eu trop de chance. La pluie étant de la partie jusqu’à midi, l’après-midi et le soir ça allait à peu près mais nous avions des chaussures drôlement propres dans ces chemins. Mais nous nous sommes bien amusés quand même. Nous étions une vingtaine à la maison, il y avait du travail pour les cuisinières en fin de compte, hier. On est (venus) me chercher avant-hier pour aller faire la cuisine chez les voisins, c’était pour finir la sauce hier soir. Je n’avais guère le courage de me mettre à écrire, veiller, samedi, dimanche, lundi, j’étais à moitié fichue.
Dire qu’il faut remettre ça au 22. Je crois que nous sommes de noces tous les deux (avec) Yves la dernière semaine ce septembre. Il va être mortel ce mois.
Que fait-on au Pin ? Y a t’il bien plu ? Ici ça va, on va labourer tant que la terre est fraîche. Nous avons reçu la graine de colza samedi. Merci pour grand-père. Tu nous diras combien on vous doit. Les bons comptes font les bons amis.
Je ne m’attarde pas longtemps car le travail attend. Il faut remettre en ordre pour la lessive.
Quand j’aurai une photo je te l’enverrai. Pour l’instant je n’en possède aucune.
Je te quitte en t’envoyant mon affectueux souvenir
Amitiés jacistes
Yvette