Vitailles 16 septembre 1946
Cher Charles
Nous voilà à nouveau au travail après la magnifique journée d’hier on a du soleil plein le cœur, du courage pour se remettre au travail.
Je pense que votre journée a été très bonne à Cancon.
Nous à Allemands du drop, c’était réussi à merveille, beaucoup de monde. Le matin à dix heures, la messe de paysans célébrée par le père Laboulbène. Ensuite un défilé au monument aux morts où Albert Labardin prit la parole. Tu sais il est formidable. Ensuite repas au nord du Drop puis à 2 heure, défilé des chars, il y en avait sept, à la noce gasconne il y a 80 ans, puis la kermesse. A 4 heure, Albert Labardin a de nouveau causé à la foule entière. Il a été très souvent coupé par les applaudissements. J’ai causé à sa fiancée. Ils sont tous deux invités à un mariage à Lauzun, le seize octobre. Elles est très gentille.
Il y avait les pompons bleus de Tonneins. Tu sais une journée épatante. Vous aussi vous devez avoir de la joie plein les cœurs.
Il me semble que ce serait si facile aux jeunes de comprendre après des journées comme celles-là mais sans doute ils ont les oreilles bouchées par du coton hydrophile pour ne pas comprendre et voir le droit chemin.
Comme je pensais, je suis tombée presque nez à nez avec le jeune homme dont je t’avais parlé quatre fois. Mais après tout, je ne lui dois rien. Qu’il pense ce qu’il voudra. Il en trouvera bien une autre comme moi. Elles ne sont pas introuvables. Oh ! si j’étais un personnage important.
Je crois que Mlle Pouliquen jaciste à Lauzun fréquente avec Etienne Clavier. Elle était avec moi à la maison familiale pendant les trois ans. Elle a trois mois de plus que moi mais il y a une différence de taille de 21 cm, elle est bien moyenne. Actuellement elle est responsable du secteur. Ici comme à Sainte Livrade, des mariages en pagaille. Je crois que l’hiver va calmer cette crise sans quoi il ne va plus en rester un pour l’année prochaine.
Que fait-on au Pin ? Ici la semaine dernière nous avons fait les premiers labours pour les semailles. Yves dépique les fines graines. Il est content. Plus dur que le blé mais beaucoup plus rémunérateur.
Il faut que je m’arrête. Je n’y vois plus guère. Veiller deux soirs de rang, c’est trop pour moi. Je suis en train de me débaucher. Bals sur bals. Heureusement qu’après dimanche c’est fini. Un peu de calme ?
Reçois cher ami mon affectueux souvenir
Yvette