Mon cher Charles
J’aurais du écrire un mot afin de vous remercier à tous de votre bon accueil et vous dire que nous avions fait un bon retour. Nous nous sommes arrêtés à Monbahus pour dire bonjour au Père qui était venu samedi dernier. Nous sommes rentrés, il était onze heure et aussitôt au travail. J’ai eu une semaine particulièrement chargée de travail. J’ai commencé de gaver oies et canards, quinze en tout, juste deux heure matin et soir. En suite, j’ai veillé tard pour avancer un peu tout le tricotage. Un record mon vieux. Une paire de chaussettes sport en quatre jours mais sans m’amuser. Je m’endormais un peu à la fin surtout, j’avais pour compagnie le chat et les chiens. En plus de tout ce travail là, le commis a mis ces pantalons du dimanche dans un état, quelque chose de lamentable. Une déchirure de vingt centimètres au moins. Du supplément pour Yvette. Heureusement elle sait stopper, ça lui sert. Pauvre garçon, il faut bien que quelqu’un s’occupe de lui quand on n’a personne de parent. Ce n’est pas bien gai. Tant qu’il est ici, il n’a pas à se plaindre. La semaine prochaine, il va chez sa marraine de guerre à côté de Toulouse. Il ne la connaît pas encore. Tu penses s’il est content.
Quand on parle du loup, il sort du bois. Samedi je te disais que je n’avais pas de nouvelles de Lily. Lundi j’ai non pas une lettre mais un journal. Tu sais, amusant, ils ont écrit tous les deux. Deux bébés, ils veulent que j’y aille pour Noël mais encore j’ai rien décidé. Surtout qu’il faut que je sois rentée le 29. Puis je veux aussi que Lulu et Riri viennent passer quelques jours. Alors on verra cela dans une date ultérieure.
Samedi dernier, tous les deux, (avec) Yves, nous étions au milieu de vous. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Tu sais, je voudrais souvent passer une journée avec toi mais les circonstances ne le permettent (pas). D’abord Sainte Livrade est un peu loin de Lauzun. Puis tu vas partir encore plus loin. Je t’assure, dans la journée, mes pensées s’envolent souvent vers toi. Je sais offrir généreusement les sacrifices et je sais que toi aussi tu sais les offrir. Alors Dieu les emploiera comme Il voudra et pour qui Il voudra. J’envie bien quelques fois Madeleine Pouliquem et Etienne Clavier qui te voient tous les dimanches. Mais après tout, ils auront moins de mérite.
Aujourd’hui je crois qu’ils ont à peu près fini de tailler les pruniers au Pin. C’est aussi fait à vingt pruniers par jour. Vous en taillerez quelqu’un jusqu’au nouvel an.
Une autre nouvelle. Je commençais lundi soir à monter ma basse cour personnelle. J’ai quinze poussins blancs magnifiques. Je les soigne bien. Ils sont bien beaux. Aucun de mort jusqu’à maintenant. Il ne faut pas trop crier victoire car l’hiver n’est pas passé encore.
Plus rien à te dire d’extraordinaire.
Reçois cher Charles de ta petite alouette ses plus chères pensées
En Union de prières
Yvette