Vitailles 26 juillet 1947
Mon cher petit amour
Ce soir tu sais chéri je ne suis pas contente. Oh ! Chéri, je préférerais être en caserne que ce soir ici. Au non je t’assure que si un jour nous nous marions jamais je ne resterai à Vitailles, quelle vie, ciel. Je ne sais pas comment ça se passe dans les autres mariages mais ici je t’assure pauvre chéri ce n’est pas drôle. Toujours il y a quelqu’un qui est en colère.
J’aime mieux partir sans rien du tout que de rester avec cinq cent mille francs. Si Yves et moi encaissons tous peut-être toi tu ne ferais pas pareil. D’ailleurs papa nous a prévenu alors tu ne trouveras pas étonnant.(…). Lou chérie lorsque nous serons tous les deux je t’expliquerai, puis papa aussi.
Pauvre petit chéri tu as du trouver le temps long depuis jeudi sans lettre. Ce n’est pas tout à ma faute, on m’a oublié ma lettre sur la table samedi. Tu vas sans doute en avoir deux à la fois. Ce soir certainement ma lettre ne sera pas bien longue. Je n’ai plus une idée debout dans ma tête. J’ai plutôt envie de pleurer que rien plus.Heureusement petit amour tu es là dans mon petit cœur pour me donner du courage pour supporter les sacrifices chaque fois que je me trouve en face
Oh ce serait si différent si nous vivions dans notre vrai foyer avec papa et maman. Hélas ce bonheur nous devions jamais le vivre
Je vais te quitter mon cher petit amour. En t’envoyant mes plus tendres baisers. Va dimanche si tu as le bonheur de trouver tes parents garde toute leur joie d’être parmi eux. Je serai faire un sacrifice de plus
Adieu petit chéri je t’aime
Lou et Mie pour toujours