Le Pin, 4 novembre 1947

Mon petit Trésor chéri

Ce soir comme hier déjà je devrai m’endormir sans emporter cette douce saveur que laisse à mes lèvres un dernier baiser de ma petite Chérie où après ces inoubliables soirs vécus dans ce suprême bonheur blottis un contre l’autre c’est encore la douce sensation toute fraiche d’étreindre mon petit Amour sur ma poitrine qui vient fermer mes paupières. Non ce soir ce ne sera qu’une sereine pensée de ce bonheur à peine disparu où un merveilleux rêve d’azur en songeant qu’un jour peut être tous les deux nous le vivrons continuellement.

O ma petite Chérie comme je pourrai de donner de l’amour, de la tendresse pour compenser tout celui qu’avec ta délicatesse de petite épouse tu sauras me témoigner. Oui mon petit Amour quelle sera cette si douce joie que déjà nous avons goutée ensemble si toujours nous nous oublions un pour l’autre. O mon petit Trésor si le véritable Amour exige d’être un don perpétuel de soi-même quelle immense joie n’apporte-t-il pas, suprême bonheur d’aimer et de se sentir aimé et aussi comme nous serons heureux de se bien nous comprendre mutuellement puisque déjà nos petites âmes ont déjà tant de compréhension une pour l’autre. Oh Chérie comme je pourrai t’aimer.

Il me semble que ce temps qui pourtant pour nous arrive, n’arrivera jamais bien qu’il fut sans doute attendu par d’autres qui depuis l’ont vécu et certains vu ternir; il me semble que l’amour des autres ne pourra jamais égaler le notre et désormais dans le reste du monde je ne pourrai trouver une autre petite Mie, heureusement ne m’a t’elle ps promis d’être pour toujours la mienne aussi pour toute ma vie je ne veux être rien qu’à elle toute seule; cette si douce chaine qui nous a enserrés lorsque nos petits coeurs se sont compris se resserrera encore quand nos corps ne feront qu’une même chair et si nous venions, par une défaillance à en briser un chainon désormais la soudure serait irréparable, même le pardon la laisserait précaire car entre nous la mutuelle confiance n’existerait plus; puis pourquoi chercher ailleurs quand on a ce qu’il faut avec soi et que l’on sait qu’une faute n’amènerait qu’un report hélas superflus; il est vrai que parfois si un conjoint se détache aussi de l’autre c’est souvent parce que dans le petit nid qu’ils avaient sur bâtir ils n’ont pas trouvé ce qu’ils attendaient un de l’autre autant l’oubli de soi pour l’être qu’on aime grandit la tendresse du foyer, autant l’égoïsme, le repli sur soi-même réduit les sentiments affectueux et divise…….

..Stop……. je viens d’avoir une heureuse surprise. René et Lucien viennent d’arriver me voir. Il sont de la chance que je ne sois au lit : « ah tu écris, s’exclame Lucien; continue je sais ce que c’est ».

Adieu mon cher petit Amour, toujours de ton petit Lou qui t’aime pour toujours reçois mes plus doux baisers et mille caresses. A bientôt presse toi, dans queues mois si le Bon Dieu veut bien pour toute la vie. Mon petit Chou je t’aime.