Vitailles 18 novembre 1947
Mon petit Poulet chéri
Voila déjà deux jours de passé, mon petit Lou tu n’as pas eu trop de beau temps pour rentrer mais heureusement qu’il n’a pas fait le temps d’aujourd’hui. Tu n’aurais pas pu partir parce que la pluie n’a pas cessé de tomber de toute la journée. D’un côté j’aurais été bien contente je t’aurais gardé un peu plus de tapes et puis le cochon aurait vécu un peu plus longtemps n’est-ce pas mon Poulet chéri. Je suis heureuse quand tu es près de mi. Rien ne manque. Tu es tout ce que je peux désirer mon petit trésor. La fortune importe guère quand c’est le véritable amour qui est dans le coeur de l’une et de l’autre pas vrai mon petit chéri. Quand on a de la volonté on arrive à tout.
Lorsque dans mon coeur est né l’amour je ‘ai jamais pensé à le situation de mon petit chéri. Il m’aime de tout son petit coeur mon petit Poulet c’est tout pour moi.
Tu ne peux pas croire comme je suis heureuse de te rejoindre. Tu sais ici il me semble que ce n’est pas le même lieu de vie que chez toi. Avec Lulu on fera une bonne paire d’amies. Je crois. Oh puis d’ailleurs avec tous aussi. Mais avant ce temps ta petit Mie en entendra des calembours tu sais ? Enfin ce sera quelques sacrifices de plus à accepter. Je les accepterai pour le bonheur de notre foyer. Pas vrai mon petit Lou chéri.
Avec un temps comme il fait, maman et Lulu ne perdent pas de temps pour la cuisine du cochon. Ici ce soir toute la journée la cuisine est entièrement mouillée. J’ai essayé de laver la tache de sulfate de cuivre avec de l’ammoniaque ça n’est pas trop bien parti. Je recommencera plusieurs fois peut être. Ca partira complètement. Tout le reste est blanc comme si on avait passé de la farine.
Je vais te quitte mon petit Poulet chéri pour ce soir en t’envoyant mille doux baisers et toutes mes plus tendres caresses. Tu sais mon petit chéri je préférerais te donner dix baisers que t’es envoyer mille parce que je serais près de toi. Il fait bon près de toi.
Adieu mon petit chéri
Ta petite Mie pour toujours
PS : j’ai oublié de te payer le calendrier. Je te mets l’argent dans l’enveloppe.