Vitailles 22 novembre
Mon petit Poulet chéri
Ce soir samedi, je viens retrouver mon petit Lou chéri. Demain peut être je n’aurai pas trop de temps surtout que grand mère doit aller à une réunion de la ligue féminine d’action catholique, donc je serai de corvée. Si peu que quelqu’un vienne me retarder je me mets à l’oeuvre ce soir pour que mon petit chérie ait une lettre de sa petite Mie au début de la semaine, si je suis assez courageuse je t’écrirai mercredi. Je tacherai de faire tout mon possible.
Lorsque j’ai reçu ta lettre jeudi soir je rentrais d’Emet où j’étais allée me faire soigner les dents. IL était un peu tard pour qu’Yves se prépare pour aller vous rejoindre. Je pense que vous avez passé une très bonne soirée et qu’une fois de plus vous avez bien fêté cette chère quille que vous attendiez avant tant d’impatience.
Pour toi c’est déjà du vieux depuis le mois de septembre. Les pauvres 47 ils n’ont pas tant de chance puisqu’ils sont déjà rappelés, cela n’est pas très intéressant.
Voila une semaine de passée, plus celle que vient et puis j’aurai mon petit Poulet chéri près de moi. Cette semaine je ne l’ai pas trouvée longue du tout. Tu es si souvent dans mes pensées, parfois il me semble que tu es encore près de mi. Hélas ce n’est que tu rêve pour le moment. Tu sais je suis contente que tu ne viennes que tous les quinze jours car je crois que je ne trouverais plus la place pour un sacrifice qui coute vraiment. Et pourtant les sacrifices ne sont ils pas nécessaires dans une vie chrétienne ? Le Christ lui-même a pris sa croix pour nous et nous a dit à chacun « prends la tienne et suis moi. ». Ca coute parfois mais avec de la volonté on arrive à tout mon Poulet chéri.
Aujourd’hui Yves est allé chez Colette. Il a partie de chasse. Il est parti de bonne heure ce matin. Mardi c’est la foire de Sainte Catherine. Ils y vont aussi. Il se débauche le petit frère.
Je ne sais pas exactement quand on tuera le cochon, je crois que ce sera lundi à huit, mais je ne puis pas te donner une réponse exacte. Je te le dirai mercredi. Si c’est ce jour là tu resteras. Tu m’aideras à la cuisine mais c’est ton voisin qui le tue, tu seras obligé de toute amener pour le tuer, le racler (?) pour le couper après, puisqu’il le fait pour rien, ce n’est pas la peine de se gêner. On lui fait saillir ces vaches pour rien, pour le payer comme ça j’aurais mon petit Lou un peu plus.
Pour mon petit Poulet pour toujours. A dimanche prochain en attendant toujours près de toi pour la pensée. Mes plus douces caresses.