Vitailles 2 décembre 1947
Mon petit trésor chéri
Quelle douceur mon petit chérie de recevoir une lettre de toi aujourd’hui déjà. Te voila redevenu militaire mais non point 1er canonnier puisque vous êtes payés comme les gardes mobiles alors voila mon petit Poulet avançant en grade. Il vaudrait mieux rester chacun à son travail habituel. Enfin je pense bien que d’ici quelques jours ils vont bien comprendre qu’ils se sont trompés de chemin pour prendre celui de la victoire ces messieurs les communistes. Qu’est-ce qu’il y a comme arrestations partout, ils vont l’éclaircir le parti s’ils continuent ainsi et Dieu merci.
Celui qui entendait la radio il y a un an et l’entend aujourd’hui ne peut arriver à croire que ce soit la même radio française. Ils ont compris ceux là, souhaitons que tous comprennent aussi bien.
Tu me disais mon petit chéri que Lucien ne partait pas pour l’instant mais ce soir il y a eu un communiqué qui a annoncé la mobilisation du 2eme contingent de la 46 qui avait servi dans l’armée de l’air, toujours des mesures de précaution.
D’après la poste le travail reprend bien partout. C’est égal ils avaient du travail tous ces messieurs pour déclencher toutes ces grèves dans toute la France.
Et le pauvre Lucien est au même point que mon petit Lou chéri. La petite Yvette doit faire comme moi dimanche. Maintenant le plus dur est passé, ça m’avait donné un coup sur les nerfs quelque chose de formidable si bien que le courage m’avait complètement abandonné. Aujourd’hui je réalise mieux. Je mange comme avant. Ca va quoi et toi aussi mon petit trésor, comment ça va. Oh ! chéri j’entends la réponse. Je suis sûre que jamais tu ne me le diras si ça n’allait pas trop. Pourquoi mon poulet n’être pas très sincères avec ta petite Mie. Tu me connais bien. Alors mon petit chéri n’aie pas peur de demander quelque chose. Je serais si heureuse de pouvoir te procurer un peut de bonheur. Toi mon petit Amour qui me rend si heureuse. Je pense que demain j’aurai une lettre avec l’adresse. Je n’aurai que l’enveloppe à mettre et mon petit Chou aura une lettre de sa petite chérie un peu plus tôt. Dire que lorsque tu es au Pin je néglige de t’écrire. Sitôt que tu n’y es plus j’ai tant envie de t’écrire. Aussi peut-être tu n’auras pas le temps de répondre à toutes les lettres mais ça n’a pas d’importance.
Quel temps fait il à Périgueux. Ici il y avait de la gelée blanche et ce soir il pleut. IL vaudrait mieux qu’il ne fasse pas trop froid pur vous qui devez monter la garde.
Je vais te quitter pour ce soir simplement par la plume, par la pensée. Je suis toujours près toi mon cher petit Amour.
Adieu mon trésor chéri de ta petite Mie qui t’aime comme une petite fille, reçois mille doux baisers sur tes douces lèvres et mes plus tendres caresses, et le doux espoir d’être un jour toute à toi rien qu’à toi, me rendre heureuse autant que tu pourras me rendre heureuse, tu l’auras tout mérité petit Amour. Ta petite Mie pour toujours.