Vitailles 14 décembre 1947
Mon petit Trésor chéri
Tu voudras bien excuser ta petite Mie si je ne vais pas droit dans un pays perdu comme Lauzun, on ne trouve pas toujours ce qu’on voudrait. Enfin je sais déjà que je suis pardonnée pourvu que mon Poulet ait des nouvelles de sa petite chérie je sais qu’il sera content.
J’ai commencé ma lettre avant midi il est 3h1/2 lorsque je la reprends on ne fait pas toujours ce qu’on veut quand on est seul. Grand mère tient une belle grippe, elle n’est pas sortie de sa chambre depuis 3 jours.
Aujourd’hui plus que dimanche je sens ton absence. Quinze jours se sont écoulés depuis que tu as quitté ta petite Mie et combien de devrais voir passer de quinze jours, je n’en sais rien. Comment la nouvelle de votre maintien sous les drapeaux jusqu’à courant février a-t-elle été reçue à la caserne, certainement pas avec une grande joie je n’en doute pas. Surtout pour ceux qui sont mariés, ni pour les autres. Enfin va mon petit Poulet pourvu que tu rentres au mois de février cela ne nous empêchera pas de nous marier après Pacques. C’est une petite épreuve qu’il nous faut franchir. Il ne nous reste qu’à l’offrir pour le bonheur de notre foyer. As tu des nouvelles de Lucien ? Le pauvre lui aussi ne doit pas être bien satisfait de cette histoire. J’ai appris cette nouvelle vendredi soir aux informations de 20h.
Demain matin je vais t’envoyer un petit paquet, je l’aurais fait hier mais avec le dimanche entre j’ai préféré l’envoyer demain. A la maison tout le monde ici à la réception de tes lettres me presse de questions pour avoir de tes nouvelles.
Ils ne doivent pas être contents de cette décision de vous garder, il faut croire que vous êtes des hommes indispensables. Juste dans l’hiver ce n’est pas bien intéressant. Jusqu’à maintenant il n’a pas fait trop froid. Mais les nuits pas être très chaudes pour monter la garde.
Oh cette fois je me demande si je pourrais finir pour la troisième fois que je m’arrête.
Qu’est ce que tu as fait pour passer ton dimanche mon petit chéri. Quand donc retrouverons-nous ces dimanches où nous pouvions nous retrouver et gouter tant de bonheur dans les bras de l’autre. Maintenant que nous en serons privés, nous apprécierons mieux le bonheur que nous trouvions tout près un de l’autre. Et combien comme nous seront privés de se retrouver souvent. Qu’est si vite habité aux douces choses. Il ne faut pas chercher à comprendre. Un jour j’espère rien ne manquera à notre bonheur et ce sera pour toujours que nous serons ensemble. Tu seras chéri nous serons heureux d’avoir souffert pour gagner ce grand bonheur, mais le passage est une peu dur à franchir.
Je vais te quitter pour aujourd’hui mon trésor chéri, espérant avoir bientôt de tes nouvelles. Ta lettre de mardi ne m’est parvenus que vendredi, c’est celle qui a mis le plus longtemps.
Adieu mon chéri, reçois de ta petite Mi tous mes plus tendres baisers sur tes douces lèvres. Bien près de ton petit coeur par la pensée, mon petit coeur est tout pour petit Lou. TU vois mon chéri je t’appartiens déjà à moitié.
Mille douces caresses mon amour