Vitailles 6 janvier 1948

Mon petit Poulet chéri

Qu’est ce qu’il fait mon petit Amour, deux jours sans lettres je trouve déjà le temps un peu long sans nouvelles. Il est vrai que les P.T.T. ne se forcent pas trop pour que le courrier arrive normalement.

Tu sais on n’a pas besoin de faire passer un tambour pour apprendre les nouvelles. Toutes les lettres que j’ai reçues pour le nouvel an me disaient qu’ils étaient heureux d’apprendre que j’étais fiancée. Ils n’attendent pas que les intéressés fassent part de la nouvelle. Oh tu sais ça m’est égal c’est une corvée de moins, pas vrai mon petit chéri, de ton côté ce doit être à peu près identique.

Quel temps fait il à Périgueux ? Ici un temps de canard, il pleut sans cesse mais pas de froid. Si ça continue nous ne connaitrons pas l’hiver. J’aime mieux tu sais parce que dans mon grand lit je n’ai pas trop chaud quand la température est en baisse. L’hiver prochain j’aurai mon Poulet chéri pour me chauffer le lit c’est un avantage encore.

Une nouvelle mon trésor. Ta petite Mie a une dent de sagesse, elle ne m’a pas fait mal pour sortir. Tu vois je serai tout à fait sage maintenant.

Je ne doute pas de la réflexion de mon petit chéri

Je vais te quitter pour aller souper. Toujours le même régime pomme de terre navets à la caserne ?

Adieu mon petit Amour, reçois mille doux baisers de ta petite chérie qui t’aime pour toujours. Lou petit petit Coquinou.