Vitailles 1er février 1948

Mon petit Trésor chéri

Voila que le 1er mois de 1948 est achevé. Je pense bien que celui qui commence sera plus agréable pour nous que celui qui vient de finir. Huit quinze jours ça passe bien mais après ça passe bien mais après ça commence à devenir long et en plus quand on est cloitrés dans la chambre. Heureusement quelle différence de vie. On est heureux tu sais quand on a la santé. Depuis trois jours je revis. Je vais, je viens sans fatigue dans la maison. Mes jambes ne refusent plus de marcher. Si tu m’avais vue tu aurais dit quelle tortue ma petite Mie. Pourtant je faisais tout ce que je pouvais pour ne pas paraitre trop éclopée. Enfin maintenant c’est du passé. Remarque je prends des fortifiants que je n’aurais pas pris. Alors tu verras je serai plus solide qu’avant.

Mais c’est toi mon petit Chéri, je me demande comment tu vas me revenir. Tu ne me dis pas la vérité. Je crois tu es enrhumé et tu ne prends rien pour guérir le rhume. Fais attention mon petit Lou chéri. Tu vois moi qui n’étais pas du tout enrhumée j’ai effleuré une belle pleurésie à plus forte raison quand on est enrhumé mal nourri, pas chauffé. Tu sais c’est plus vite pris que guéri.

Hier j’ai reçu ta lettre de jeudi. En fin de semaine elles accélèrent leur marche mais le dimanche elles ont la flegme d’arriver. Stop. Il faut aller mettre la table à manger. Après midi je viendrai passer un petit moment avec toi par la pensée. J’y suis presque tout le temps. Sans doute nos pensées doivent souvent se croiser mais je préfèrerais que ce soit nos regards qui se croisent nous ne serions pas loin l’un de l’autre.

Ah ! Me voila après avoir fait le ménage près de mon Poulet chéri avec la plume. Quand donc reviendront ces dimanches où j’aurais mon Lou avec moi toute la journée. Oh ne plus avoir besoin de venir tous les dimanches de prendre la plume, me plutôt prendre la main de mon Lou chéri pour aller passer l’après midi ensemble.

Aujourd’hui encore je ne suis pas allée à la messe. Il ne faisait pas assez beau ce matin. Il y avait du brouillards et l’église de Saint Macaire n’est pas bien chaude. Je crois que le 1er dimanche de mars j’ai avec mon petit chéri. A présent il fait un temps magnifique. Depuis deux jours les oiseaux chantent. Mais attention il parait que s’il fait soleil demain ou aujourd’hui ça ne changera pas grand chose à la température.

Que fait mon Poulet après midi sans doute au bal à condition de ne pas être puni. N’est-ce pas ? Tu as raison, profites en, le carême approche, surtout si tu as ta petite Mie le dimanche. Tu sais que ce n’est pas ma distraction favorite. Sur ce point nous sommes trompés. Il t’aurait mieux valu une jeune fille qui aime aussi à danser. Mais tu sais bien mon chéri qu’on ne peut pas tout avoir à la fois. Console toi, ta fille aimera peut-être bien alors tu l’apprendras. Pas vrai mon Poulet ? Ca te rappeler ton jeune temps. Il est vrai que tu m’as dit qu’on aurait que des garçons ?

Tu sais je suis complètement vide d’idée. Qu’est ce que je pourrais bien te dire. Si j’étais comme toit. Tu n’est jamais à court. Oh comment fais tu. Tu devrais m’en passer un peu . Je eux te dire et te redire que je t’aime de tout mon petit coeur. Il y a déjà un moment que tu le sais. Il est vrai qu’on ne s’en lasse pas aussi vite que d’entendre quelqu’un qui gronde toujours.

Demain je vais t’envoyer un colis. Si toi tu ne le manges pas, d’autres le mangeront bien pour toi?

Je te quitte pour aujourd’hui mon petit Trésor chéri en t’envoyant tous mes plus douces baisers, mes plus tendres caresses. Mon petit coquinou que j’aime pour toujours là, monsieur Poulet.