Vitailles 4 février 1948

Mon petit Poulet chéri

Aujourd’hui tu ne vas pas avoir une longue lettre de ta petite Mie, je suis un peu pressée par l’ouvrage. Dimanche je t’ai dit que je t’envoyais un colis lundi mais avec l’échange de billets de 5000, la poste ne prenait pas les colis donc il ne partira qu’aujourd’hui. Le facteur me l’a emporté hier après midi.

Dimanche après midi, j’ai eu la visite de Fougère avec son fiancé qui est voisin de chez nous .Je crois que je te l’avais dit pour Noël. Ils sont venus nous inviter à leur mariage toi et moi. Yves et Colette ils font leurs invitation assez tôt pour le 3 avril, deux mois à l’avance. Comme ça on n’est pas pris au dépourvu, pas vrai mon Poulet.

As-tu pris tes fonctions de brigadier d’ordinaire lundi comme tu me disais. Un autre embêtement. Enfin pourvu que tu t’en sortes sans aller rendre visite au petit château, ce sera bien joli.

Je vais te quitter pour aujourd’hui. Je vais de mieux en mieux mais je ne travaille pas comme avant.

Adieu mon petit trésor chéri. Reçois de ta petite Mie mille tendres baisers. Tout l’amour qui est dans mon petit coeur pour mon Lou chéri tout seul

Mon petit chéri je t’aime.