Vitailles 5 février 1948

Mon petit Trésor chéri

Tu sais cette fois ta Mie est heureuse. Tu penses, depuis hier au soir aux informations de huit heures que la 46/2 est libérée à partir du 16 février alors à présent c’est avec une impatience inexprimable que je vais attendre mon Poulet chéri. Je me demande si je rêve ou si c’est bien la réalité. Revoir mon Lou et cette fois avec non plus le costume kaki mais en civil en costume de liberté, pas vrai mon Lou chéri.

Sans doute il n’y en a aucun qui regrette leur prochain retour dans leurs foyers.

Si je suis heureuse moi aujourd’hui de savoir que mon petit Amour va revenir, j’en connais d’autres qui doivent être comme moi. Je crois que la petite Yvette de St Aubin ne doit pas être fâchée non plus de voir rentrer Lucien et tant d’autres comme nous.

Attends ça va mal, on critique que c’est de reste toutes ces lettres six francs chaque fois. Ca fait rien. Je passe outre. Lorsque je serai toujours avec mon petit Lou, je n’écrirai pas aussi souvent, n’est-ce pas.

Je te quitte pour aller faire la vaisselle. Pour changer hier du monde, aujourd’hui du monde.

Adieu mon Trésor chéri. De ta petite Mie qui est toute heureuse, reçois mille doux baisers sur tes lèvres bien aimées.

A bientôt petit Chéri je t’aime