Vitailles 10 février 1948
Mon petit Poulet Chéri
ESt-ce la dernière lettre que j’envoie à Périgueux. Ah ! je le voudrais bien du moins après je saurais que mon petit Amour n’est pas bien loin de moi et qu’il est heureux parmi les siens. Sans doute aujourd’hui carnaval, vous allez fêter la quille toute proche. Mais cette fois un petit conseil chéri, ne l’arrosez pas trop. Parce qu’encore elle risquerait de faire comme la première fois, au lieu de vivre toujours elle pourrait vivre quelques temps puis se noyer encore. Tu vas rire de ma suggestion mais ce n’est pas moi qui l’ai trouvée, c’est Yves qui m’a prié de te le dire. Tu sais lui il trouve toujours quelque chose à dire. Tu as dû le voir toi aussi.
Sur le journal il est bien question d’appeler les classes 42 44 45 qui n’ont pas fait de SM, en mai et juin. Demain ça va se décider au conseil des ministres. Je t’assure ils trouvent la pilule amère. Après tout c’est régulier qu’ils trempent un peu dans la sauce eux aussi. Pas toujours au tour des mêmes n’est-ce pas mon Poulet. Bientôt mon petit Lou en aura assez fait à mon avis, au tien aussi sans nulle doute.
Dimanche à Lauzun il y avait bal masqué. Ce n’était pas formidable. Il n’y avait pas foule m’a dit Yves.
Je ne t’écrirai pas jeudi. Tu risquerais peut être de ne pas la recevoir. Enfin si je ne suis pas trop flegme j’écrirai peut être quand même.
Je te quitte pour aller manger.
Adieu mon cher petit Amour. Reçois tous mes plus doux baisers. Ta petite Mi qui t’attend avec une grande impatience. A bientôt, mille tendres caresses.
Amon petit Chéri
Mon petit coquinou
Je t’aime