Vitailles 26 février 1948
Mon petit Poulet chéri
Il y a longtemps déjà que je ne suis pas revenue à mon bureau pour écrire à mon petit Amour. Je crois quinze jours depuis mardi. Mais depuis nous avons eu la douce joie de nous retrouver pas vrai mon Poulet. Aujourd’hui comme il faisait bon je suis allée à Eymet faire des commissions. Il y a un vent qui ne voulait pas trop me laisser revenir. Après-midi je vais aller porter mon tailleur à a couturière à Lauzun.
Hier on a fêté les 20 ans de Yves de Yves. (trou) ma tante sont venus souper (trou). Il était minuit et demi quand on s’est couché. Il est vrai que je suis entrainée à veiller et je ne sens pas la fatigue à présent. Tu vas dire elle est moins entraînée à écrire, tu auras raison. Je perds l’habitude, quinze jours sans toucher la plume. Enfin tu seras sans doute content quand même d’avoir une petite lettre de ta petite Mie. J’ai parlé ici des projets que nous avons fait et je crois qu’il y aura du surpeuplement au nombre des invités. Enfin je laisse mes grands parents juger. Ils ont trouvé bien que nous avions décidé. Maintenant reste à décider avec chez toi. Ma tante a un de ses neveux qui se marie le 12 avril mais sans faire de noce puisqu’ils sont encore en grand deuil du père, c’est à dire du frère de ma tante.
Dimanche nous sommes à Vitailles. Encore papa et ma tante sont à un baptême.
Je vais te quitter mon trésor chéri. Je pense que tu as fait un bon voyage. La neige était toute fondue mardi après midi. Tu aurais pu attendre l’après midi pour partir mais tu t’est moins fatigué parce qu’il ya beaucoup de boue sur les routes. La fonte des neiges a gelé la moitié du grain (trou) de blé) au bord de l’allée et ce (trou) à côté de l’autre côté gauche n’a (trou) beaucoup souffrir pour repartir, surtout que le terrain n’est pas fameux. Je crois que la récolte n’attendra pas les espérance de mon grand père ?
Adieu mon petit Amour. Reçois de la petite Mi ses plus tendres baisers. A bientôt mon petit chéri.