Vitailles 16 mars 1948

Mon petit Chéri

Un peu de plus je me couchais sans t’écrire. Enfin il n’y a que moitié mal puisque me voila à l’ouvrage. Je t’avertis, pas pour une longue lettre. Je pense que ton voyage de retour s’est bien effectué, que tu as trouvé monsieur le curé Deniou à Bourgougnague. Sans doute rien de changé au programme de dimanche. D’ailleurs s’il y avait quelque chose tu me le dirais vendredi à Villeneuve.

Comment vont les malades du Pin ? J’ose croire qu’ils sont en bonne voix de guérison si non guéris ce qui serait encore mieux. Colette est à nouveau malade. Ici tout le monde est bien. Hier on allait chercher les chevaux dans le blé. Je me suis enfoncé une épine de buisson noir dans le pied et il prenait la même tournure que ma joue. Aujourd’hui ça va. Après-midi avec grand mère on a sorti du bois à la vigne tout ce que j’avais laissé avant d’aller chez toi ne s’est pas fait tout seul. Demain ce sera fini. Il reste à faire les fagots mais ça, ça ira vite c’est tout prêt. Tu sais la chienne des voisins elle n’est pas morte complètement mais elle est bien esquintée la pauvre bête, on te racontera ça. Maintenant la prairie est clôturée Dieu merci.

Je vais te quitter pour aller faire dodo en emportant ton doux souvenir toi mon petit Chéri tu ne dois pas te coucher tous les soirs de bonne heure avec les répétitions.

Adieu mon trésor chéri. Reçois de ta petite Mie tous ses plus doux baisers, ses folles caresses pour toujours tu as tout mon petit coeur. Tout plein d’amour pour son Lou chéri.