Vitailles 23 mars 1948
Mon petit Poulou chéri
Ce soir il est tard, aussi je ne vais pas écrire une longue lettre à mon petit Lou chéri. Sans doute mon Poulet est aussi à veiller à cause des répétitions pour dimanche. Aujourd’hui nous l’avons vu sur le journal.
Je pense que mon Lou va mieux que dimanche, vraiment pauvre chéri tu n’étais pas dans ton assiette. C’est dommage que je ne sois pas par de toi tu verrais si je te soignerais bien, tu serais vite guéri. Sans doute vous avez fait un bon voyage. Papa et maman étaient peut-être un peu fatigués depuis samedi soir qu’ils étaient paris et rentrer à pieds lundi matin. Enfin je pense qu’ils n’ont pas emporté un trop mauvais souvenir de Vitailles quoique les mentalités soient bine différentes les une des autres.
Tu vois Poulou je suis bien franche avec toi. Eh bien je suis sûre que tes parents étaient moins libres ici que moi chez vous.
Hier matin j’ai écrit au curé de Marmande. Sans doute je recevrai quelque chose cette semaine, il me faut encore l’extrait de baptême je pense pouvoir te porter tout ça dimanche. Aujourd’hui je suis allée au docteur pour la visite médicale radio et prise de sang. Pour cette dernière je n’ai même pas senti piquer l’aiguille. Je n’ai pas souffert surtout après être rentrée j’ai attaché des (?) à vigne toute la soirée sans ressentir le moindre malaise. Le docteur m’a dit que j’étais en très bonne santé, il n’y a rien dans le sang ce que je pense bien, je pourrais me marier sans aucune crainte. Samedi j’aurai les résultats de la prise de sang, ce n’est pas long comme au dispensaire. Il y aura bien assez de temps pour les annonces.
Je vais te quitter pour ce soir mon petit Fiancé chéri en te souhaitant un meilleure santé et à dimanche à Monbahus à 3 heures légales. Sans doute il faudra attendre pour les vêpres. Je crois bien qu’ils marchent à l’heure solaire.
Adieu mon Poulet chéri. Reçois tout mes plus tendres baisers les plus douces caresses de ta petite Mie qui t’aime de tout son petit coeur.