Vitailles 6 avril 1948
Mon petit Poulou Chéri
Me voici de nouveau près de toi par la plume ce soir. Ca ne sera pas une longue lettre parce que mon furoncle fait sentir sa présence ce soir.
Je suis jolie, le coin de figure placardé ça fait genre à part mais dont je me passerais facilement. Enfin je pense qu’il n’existera plus dans trois semaines pas vrai mon Poulou.
Hier j’ai envoyé les lettres qu’il restait encore à faire. A présent tout le monde est prévenu. Sans doute je ne tarderai pas à recevoir une réponse.
Après midi je suis allée à Eymet chercher mon certificat médical. Il n’est pas sur imprimé. Il a mis exactement ce qu’il y a dans le tien. Demain j’irai à la mairie et tout sera achevé en vue des publications. J’oubliais de te dire qu’à Eymet les docteurs sont moins exigeants qu’à Sainte Livrade. J’ai payé 500F de moins que toit tout compris, visite radio prise de sang.
Hier soir j’ai vu papa et ma tante. Ils pensent aller chez toi dimanche à moins d’être empêchés au dernier moment.
Ici grand mère va sensiblement mieux. Elle ne tousse plus petit à petit. Je pense que ça reviendra mais il y en a pour un moment. Il me sera absolument impossible de partir aussitôt notre mariage. Elle sera encore beaucoup trop faible pour s’occuper de la maison.
Je vais te quitter mon petit Trésor chéri en t’envoyant tous mes plus doux baisers.
Je pense que tout le monde au Pin est bien rétablie de cette grippe. Sinon je souhaite une prompte guérison aux retardataires.
As-tu pris l’autobus pour rentrer ? Je le pense parce que nous sommes en avance d’un quart d’heure. Adieu mon Poulou chéri à Dimanche