Vitailles 11 avril 1948
Mon petit Poulou chéri
Oh! Si quelqu’un s’ennuie ce soir c’est bien ta petite Mie. C’est le 1er dimanche au soir que nous passons loin un de l’autre. Depuis que tu es revenu pour la deuxième fois de Périgueux. Si je ne suis pas restée crois-tu que ce soit l’émoi qui me manque, certes non. Mais malheureusement le devoir me commandait de rentrer et puis tu sais tant que nous ne sommes pas mariés il y a papa qui est derrière pour me rappeler à l’ordre. Je t’assure mon petit chéri je n’aime pas beaucoup recevoir de bons coups de pieds. Ils font tellement mal parfois.
Tu verras quand nous serons mariés ce sera tout différent d’à présent. Ici ils sont ridicules, ils trouvent tout à fait déplacée qu’un jeune homme prenne une jeunes fille par la taille, ou s’ils s’embrassent c’est une tenue de jeunes gens pas sérieux alors pour éviter toutes ces dissensions à mon sujet, je me tiens sur mes gardes. J’en garde l’habitude toute le temps. Ca sera à toi petit à petit de me la faire passer. Tu ne peux pas croire la peine que tu me fais quand tu me dis que je ne te comprends pas. Si je te comprends mais j’ai une telle crainte d’être grondée que je reste froide envers toi mon petit chéri. C’est pour une de ces raisons que je préfère aller chez toi que de rester ici parce que ce sera toujours pareil pour moi. Tandis que chez toi je suis beaucoup plus libre.
Je vais te quitter mon petit Poulou chéri en te disant à dimanche.
La semaine va être un peu longue puisqu’elle commence ce soir
Adieu mon petit coquinou chéri, reçois tous les plus doux baisers de ta petite fiancée qui t’aime de tout son petit coeur et pour toujours.