Le Pin ce 13 avril 1948

Ma petite Fiancée chérie

Avant d’aller faire dodo je veux me retrouver encore quelques instants plus près de toi mon petit Amour, Oh! surement ma lettre ne sera pas longue puisque j’ai si souvent le doux bonheur de converser avec toi, et puis le soir après une pénible journée les doigts et les poignets sont un peu ankylosés et les pensées s’estompent vite.

Ce matin tout de même, j’ai profité d’un morceau de la matinée pour aller jusqu’à Villeneuve d’où j’ai ramené mon costume; au fait ma petite Chérie j’avais oublié de te demander dimanche, si tu m’avais acheté une chemise blanche à Lauzun, vu que je t’avais dit qu’à Villeneuve elles étaient introuvables, vois-tu si tu n’en as pas acheté je te décommande; déjà le jour de la dernière foire j’ai eu l’occasion d’en voir, je n’en avais pas acheté par crainte d’en avoir après deux, je pensais t’avertir dimanche et j’ai totalement oublié. Enfin petit Trésor si tu n’en as pas acheté, très bien, puisqu’aujourd’hui j’en ai ramené une de cérémonie.

Après midi nous avons commencé le domptage des jeunes boeufs. Il y en a un qui va à merveille, l’autre sera vite rompu ou il va se faire aligner les côtes, à nous deux avec Jean nous nous chargeons de l’affaire.

Autre chose. Dis mon Poulet tu te renseigneras pour savoir tout ce que nous devrons vous procurer pour les repas et la noce pour avertir maman le jour de la foire; nous en porterons une partie en venant avec Lulu le Samedi soir et nous ferons suivre le moins urgent avec nous le matin de la noce.

Je ne sais si je descendrai à Vitailles samedi soir ou dimanche matin mais avec tout le travail ce sera surement ce dernier. Enfin ne m’attendez pas.

Adieu pour ce soir mon petit Poulou chéri. Reçois de celui qui t’aime pour toute la vie et qui vit dans le doux espoir d’être bientôt tout à toi pour toujours.

Mille doux baisers sur tes douces lèvres et mes plus folles caresses

A toi rien qu’à toit et pour toujours

Lou