Vitailles 20 avril 1948
Mon petit fiancé chéri
C’est je crois la dernière lettre que nous allons recevoir un de l’autre. Cette semaine avec d’achever notre vie de jeune homme toi et moi de jeune fille.
Il est presque achevé ce temps de fiançailles où tous les deux nous avons pu nous préparer à cette nouvelle vocation celle du mariage. Maintenant à la grâce de Dieu. Pour nous il aura toujours la première place dans notre foyer.
Hier soir je suis rentrée un peu avant la grande nuit. Ils étaient en train de souper. J’ai fait un très bon voyage sans avoir mal à l’estomac. Aujourd’hui nous avions les maçons pour remonter le mur de la face. Ils ont fini ce soir.
Après-midi je suis donc allée avec grand mère chez le docteur pour la passer à la radio.
Oh ! Oui mon poulet je ne pleurais pas sans raison. J’appréhendais un peu ce passage à la radio et n’en croit la preuve trop concluante. Du côté pulmonaire, rien de ce qu’ils craignaient, c’est encore quelque chose. Mais aussi grave sinon davantage une dilatation formidable de l’aorte pendant qu’elle se rhabillait et on m’a fait passer dans son cabinet de consultation et m’a mis en face de la réalité puisque je n’ai pas ma mère. Inutile de penser à reprendre aucun travail même pas de faire son lit. Le repos le plus complet, elle peut finir en quelques minutes d’un moment à un autre comme peut tenir un an, deux, peut-être trois. Je te montrerai le photo quand je l’aurai et voila toute ma joie à quelques jours de notre mariage. J’ai plus envie de pleurer que de rire. Pourtant il faut lui montrer toujours un visage souriant et plein de confiance. Elle ne sait rien ? Inutile de te dire la gravité de la chose, tu la comprends.
C’est nous qui paierons l’absence de celle que jamais je n’ai eu le bonheur de connaître et de posséder
Je te donnerais de plus amples détails dimanche. Je ne pourrais jamais m’absenter plus d’un jour, le docteur m’a dit il faut toujours rester pas loin d’elle. Je m’arrête je suis un peu fatiguée. C’est un beau cadeau.