Vitailles 28 janvier 1948
Mon petit Trésor chéri
Me voici une fois de plus près de toi par lettre. Quand donc n’aurais-je plus besoin de la plume pour te dire encore plus souvent tout mon amour. Ni l’un ni l’autre n’en savons rien. Enfin à la volonté de Dieu, n’est-ce pas mon Petit Amour.
Je constate d’après tes nouvelles que tu es toujours puni mon pauvre chéri ce n’est pas de chance, toi qui aime tant à danser. Tu dois t’ennuyer toujours enfermé entre les quatre murs de la caserne.
Je vois que la semaine dernière tu ne t’es pas trop ennuyé, c’est égal couché sur une charrette un drôle de lit pauvre chéri. Il vaudrait mieux un bon lit n’est-ce pas Poulet.
hier j’ai eu des nouvelles de Castillonnès. Comme je m’y attendais ils vont bien, se remettent petit à petit de leur maladie mais à présent qu’est-ce qu’il se passe de louche. Pourquoi tu ne veux pas me le dire petit chéri. Tu vois moi je te l’ai bien dit quand j’étais malade. Malheureusement encore je ne suis pas bien d’aplomb.
Mais toi chéri pourquoi me cacher quelque chose même de chez toi. Tu es formidable, pour t’arracher quelque chose comment faut il s’y prendre. Il est vrai que nous n’avons pas le même caractère mais je voudrais que tu aies bien confiance en ta petite Mie.
Je suis désolée mon petit Chéri de ne pouvoir t’envoyer des tickets de pain. Le boulanger n’a même plus de ticket de voyage qu’il faut demander à la mairie. Que c’est bête qu’il n’y ait plus de tickets dans les campagnes. Mais tu sais dis le moi, je t’enverrai du main en colis par bleu, il est moins tendre mais autrement ça ne me fait rien du tout ce n’est pas bien couteux.
On a tué le cochon lundi, il était joli tu sais, il doit avoir 60 ou 65 kg de graisse, ils ne l’ont pas pesé c’est dommage. Je t’enverrai un colis lundi.
Je te quitte pour aujourd’hui.
Mon petit Chéri espérant que ma lettre te trouvera de bonne santé. De ta petite Mie reçois ses plus doux baisers, ses plus douces caresses. Mon Poulet chéri je t’aime pour toujours.