Vitailles 30 janvier 1948
Mon petit Poulet chéri
Cette semaine tu recevras mes lettres bien irrégulièrement, c’est bien ma faute comme je vais un peu mieux je m’occupe dans la journée et le soir j’ai la flegme de me mettre à écrire. Qu’est-ce que tu en penses mon petit Lou ? ta Mie qui devient paresseuse jusque pour écrire à son petit Amour pourtant tu sais je t’aime bien. Aujourd’hui je me suis levée à dix heures et demie après avoir fait ma chambre. Je viens te retrouver par la plume. Tu crois que je ne pourrais pas y tenir en faisant comme ça. Tu sais surement j’aimerais autant me lever la première. Je serais sure de ne pas récolter les cataplasmes. Il me tarde d’être guérie je t’assure. Depuis hier j’ai beaucoup plus de force. Il est énergique le docteur, ça va comme ça.
Je ne parle que de moi et toi mon petit chéri que deviens-tu. Es-tu toujours pressé N Bientôt ça devrait être suffisant pas vrai mon petit Amour. Aussi tu n’es peut-être pas assez sévère alors c’est toi qui attrape. Quand tu auras récolté quelques jours de cabane ce n’est pas les gars qui iront les faire pour toi tu comprends. Rends toi compte petit chéri si je te savais malheureuse.
Il y a un camarade de Yves de la 48/2 qui revient la semaine prochaine pour se marier. IL est gonflé celui-là se marier puis après laisser sa femme pour repartir. Moi franchement ça ne me dit pas grand chose cette histoire là. Enfin chacun ses idées. Il est à Brives pendant son (?). Il était au Maroc. Peut-être il espère être bientôt démobilisé. Je vais te quitter pour aujourd’hui, il fait beau je vais sortir un peu.
Adieu mon petit Poulet chéri. ta petite Mie qui t’envoie ses plus doux baisers. Mille tendres caresses à mon coquinou.
Pour toujours je t’aime mon chéri.